
Sous-titres incrustés ou fermés : lequel choisir pour vos vidéos ?

Les sous-titres incrustés sont gravés dans l’image : ils s’affichent pour tout le monde et personne ne peut les désactiver. Les sous-titres fermés sont un fichier ou une piste distincte que le spectateur active ou masque depuis le lecteur. Pour une vidéo d’entreprise, le choix dépend de l’endroit où elle sera diffusée, de la fréquence des corrections à prévoir et du nombre de langues. Voici comment trancher, avec les règles de lisibilité à respecter dans les deux cas.
En bref
- Incrustés (open captions) : intégrés à l’image, toujours visibles, identiques sur tous les écrans. Idéal pour un lecteur sans prise en charge des pistes, un écran en salle ou un fichier partagé.
- Fermés (closed captions) : activables et paramétrables par le spectateur, corrigeables sans réexporter la vidéo. C’est le choix par défaut sur les plateformes qui les gèrent.
- Multilingue : les sous-titres fermés évitent de produire autant de vidéos que de langues.
- Lisibilité : deux lignes maximum, environ 40 caractères par ligne, placées en bas de l’image.
- Ne pas confondre avec le sommaire vidéo ou le chapitrage, qui servent à naviguer et non à transcrire.
Table des matières
- La différence entre sous-titres incrustés et sous-titres fermés
- Quand choisir les sous-titres fermés
- Quand choisir les sous-titres incrustés
- Que choisir selon la plateforme et l’usage ?
- Accessibilité : ce que demandent les référentiels
- Règles de lisibilité : longueur, durée, vitesse de lecture
- Sous-titrage multilingue : comment s’y prendre
- Sommaire vidéo, chapitrage et sous-titres : trois outils différents
- Notre point de vue : décider avant le storyboard
- Commander une vidéo avec les bons sous-titres
- FAQ
- Sources
La différence entre sous-titres incrustés et sous-titres fermés
Le principe tient en une phrase. Selon le W3C, les sous-titres non codés apparaissent systématiquement et on ne peut pas les désactiver, alors que les sous-titres codés peuvent être masqués ou activés.
En pratique :
| Critère | Incrustés (open captions) | Fermés (closed captions) |
|---|---|---|
| Affichage | Toujours visibles | Activés ou masqués par le spectateur |
| Où se trouve le texte | Dans l’image elle-même | Dans un fichier ou une piste séparée (SRT, VTT…) |
| Apparence | Fixée à la production | Souvent réglable par le spectateur |
| Correction d’une faute | Remontage et réexport de la vidéo | Modification du fichier de texte |
| Plusieurs langues | Une vidéo par langue | Une piste par langue, une seule vidéo |
| Compatibilité | Fonctionne partout où la vidéo se lit | Dépend du lecteur ou de la plateforme |
Un vocabulaire qui prête à confusion
En anglais, « captions » désigne généralement des sous-titres dans la langue parlée, et « subtitles » une traduction. Le W3C précise qu’en français, les deux sont souvent regroupés sous le seul terme de sous-titres. Quand un fournisseur parle d’« open captions », il parle donc de sous-titres incrustés ; « closed captions » désigne les sous-titres fermés, ou « codés ». Précisez-le dans votre brief, sans quoi chacun comprend ce qu’il veut.
Vous croiserez aussi le terme de sous-titres « SME » : sous-titrage pour sourds et malentendants. Il suppose de transcrire non seulement les dialogues, mais aussi les informations sonores utiles à la compréhension.
Quand choisir les sous-titres fermés
L’université Toronto Metropolitan recommande, dans la plupart des cas, les closed captions : des lecteurs comme YouTube et Facebook permettent de les activer et d’en régler l’apparence, et les erreurs se corrigent plus facilement.
Pour un responsable marketing ou formation, cela se traduit par quatre avantages concrets :
- Une correction rapide. Un nom de produit mal orthographié ou une mention légale modifiée se règle dans le fichier de texte. Avec des sous-titres incrustés, il faut rouvrir le projet puis réexporter.
- Un seul master pour plusieurs publics. Vous gardez une vidéo sans texte et vous ajoutez les pistes selon les besoins.
- Le confort du spectateur. Il choisit d’afficher ou non le texte, et parfois sa taille ou sa couleur.
- Un texte exploitable. Les fichiers séparés facilitent aussi, selon la même source, la personnalisation et parfois la recherche dans le texte.
Le format du fichier compte peu pour la décision. Le SRT, le plus répandu, contient les heures de début et de fin de chaque sous-titre et son texte ; le VTT joue le même rôle pour le web. Vérifiez simplement quel format votre plateforme accepte avant de produire.
Quand choisir les sous-titres incrustés
Les mêmes lignes directrices de Toronto Metropolitan citent les cas où les open captions se justifient : un lecteur sans prise en charge des sous-titres, une présentation, une signalétique TV ou un fichier téléchargeable partagé. On peut y ajouter, côté entreprise, les situations suivantes :
- Écran d’accueil, salon, point de vente : la vidéo tourne en boucle, souvent sans le son et sans télécommande pour activer une piste.
- Projection en réunion ou en formation : le lecteur de la salle n’est pas toujours celui que vous avez testé.
- Envoi d’un fichier MP4 par mail ou par messagerie interne : vous ne maîtrisez pas le lecteur du destinataire.
- Habillage graphique voulu : quand les sous-titres font partie de la direction artistique, avec une typographie et des animations pensées avec l’image.
Ce dernier point est le plus sous-estimé. Un texte incrusté peut être animé, aligné sur la voix-off, intégré à la composition. C’est un travail d’animation, pas seulement de transcription.
L’incrustation a un prix : l’irréversibilité
Une fois gravés, les sous-titres ne s’enlèvent pas. Les forums de montage vidéo le rappellent régulièrement : sans le projet source, impossible de retirer un texte intégré à l’image. Conservez donc toujours un master sans sous-titres, et nommez clairement vos exports (par exemple « version incrustée FR »).
Que choisir selon la plateforme et l’usage ?
| Usage | Choix conseillé | Pourquoi |
|---|---|---|
| Site web, page produit, intranet | Fermés | Le lecteur gère les pistes et vous corrigez sans réexporter |
| YouTube | Fermés | Activation et réglage par le spectateur, corrections simples |
| Réseaux sociaux, lecture sans le son | Souvent incrustés, ou fermés si la plateforme les affiche bien | Le texte doit être visible dès les premières secondes |
| Formation en ligne (LMS) | Fermés | Accessibilité et mises à jour fréquentes du contenu |
| Écran en salle, salon, signalétique | Incrustés | Pas d’interaction possible avec le lecteur |
| Fichier envoyé ou téléchargé | Incrustés, ou les deux en deux fichiers distincts | Lecteur inconnu |
Pour les réseaux sociaux, ce qui compte est de vérifier, avant de produire, comment la plateforme traite les pistes de sous-titres. Certaines acceptent l’import d’un fichier SRT à la publication, comme LinkedIn pour les vidéos, mais le comportement des plateformes évolue : consultez leur aide officielle avant de choisir.
Ne pas publier les deux sur le même contenu
Point souvent oublié : l’Université du Maryland recommande d’éviter de publier simultanément une version incrustée et une piste de sous-titres quand cela crée un doublon. Le spectateur verrait alors deux textes superposés. Choisissez la méthode adaptée à la plateforme, ou diffusez deux versions distinctes de la vidéo, chacune à sa place.
Accessibilité : ce que demandent les référentiels
Le W3C recommande de fournir une version texte des informations audio, parlées ou non, nécessaires à la compréhension, synchronisée avec l’audio et affichée dans le lecteur. Cela implique de noter, quand ils comptent, les bruits, les musiques ou les intonations significatives, et pas seulement les dialogues. La transcription de vos enregistrements audio est souvent la première étape pour obtenir ce texte de base, avant de l’adapter à l’écran.

Côté réglementation française, il faut distinguer les cas. L’Arcom indique que les chaînes publiques et les chaînes privées dépassant 2,5 % d’audience doivent sous-titrer l’intégralité de leurs émissions, sous réserve d’exceptions. Depuis le 28 juin 2025, elle veille aussi aux obligations d’accessibilité des services donnant accès à des médias audiovisuels : sites, applications, décodeurs et télévision connectée. Ses lignes directrices demandent que le sous-titrage SME soit transmis net, synchronisé avec le son et l’image, et que l’utilisateur puisse régler son affichage.
Ces textes visent des services de médias audiovisuels, pas la vidéo de communication d’une entreprise. Pour savoir ce qui s’applique à votre site, à votre intranet ou à vos formations, rapprochez-vous de votre service juridique ou de votre référent accessibilité. Retenez néanmoins la logique : un sous-titre réglable par l’utilisateur est la direction que prennent les référentiels, et c’est naturellement ce que permettent les sous-titres fermés.
Règles de lisibilité : longueur, durée, vitesse de lecture
Que vos sous-titres soient incrustés ou fermés, leur lisibilité décide de leur utilité. Quelques repères issus de sources professionnelles françaises :
- Deux lignes simultanées au maximum, 40 caractères par ligne, en bas de l’image sans masquer d’information, d’après le guide Callisto-Formation.
- Une durée d’affichage maximale de cinq secondes hors chansons, selon la brochure 2023 de l’ATAA, l’association des traducteurs et adaptateurs de l’audiovisuel.
- Une vitesse de lecture confortable d’environ 14 à 15 caractères par seconde, selon la même brochure. C’est la réponse à la question de la vitesse de lecture des sous-titres : au-delà, le spectateur lit mais ne regarde plus l’image.
- Une longueur de ligne qui varie avec le support : 40 à 41 caractères au cinéma, 40 à 42 en streaming, 38 à 40 en édition vidéo, 36 à 37 à la télévision.
- Un centrage horizontal en bas de l’image. L’ATAA précise qu’on ne les relève que lorsqu’ils recouvrent réellement un texte incrusté, pour éviter un déplacement systématique qui gêne le visionnage.
Un exemple de calcul
Un sous-titre de deux lignes de 40 caractères contient 80 caractères. À 14 caractères par seconde, il faut un peu moins de six secondes pour le lire confortablement, donc plus que la durée maximale de cinq secondes recommandée. Le texte doit être raccourci, ou découpé en deux sous-titres. La bonne réflexe est de condenser : on ne transcrit pas mot à mot, on adapte.
L’ATAA le dit d’ailleurs clairement : respecter les paramètres techniques est indispensable, mais la qualité professionnelle dépend aussi du travail créatif, de l’expérience et de l’adaptation au récit.
Sous-titrage multilingue : comment s’y prendre
Les entreprises qui diffusent à l’international ou auprès de collaborateurs de plusieurs pays se heurtent vite à la question des langues. Le W3C distingue deux besoins : les sous-titres dans la langue parlée sont nécessaires à l’accessibilité, tandis que les sous-titres dans d’autres langues répondent principalement à un besoin de compréhension linguistique.
La chaîne de production décrite par la Société française de traduction tient en six étapes :
- Transcrire le contenu parlé.
- Adapter le texte de façon concise.
- Créer les timecodes.
- Traduire et localiser chaque version selon les spécificités linguistiques et socioculturelles.
- Synchroniser les sous-titres avec l’image.
- Visionner la vidéo pour vérifier le rendu et corriger.
L’ATAA décrit une approche proche en trois temps : repérage, traduction-adaptation, puis simulation, qui vérifie l’adaptation en présence de son auteur dans la mesure du possible.
Incrustés ou fermés en multilingue ?
Si vous sous-titrez en cinq langues, des sous-titres incrustés signifient cinq exports complets de la vidéo, cinq fichiers à stocker, à nommer et à corriger. Avec des sous-titres fermés, vous gérez cinq pistes de texte autour d’un seul fichier vidéo. L’écart se creuse à chaque mise à jour du script.
Deux précautions :
- Prévoir l’espace dès la conception. Certaines langues occupent plus de place que le français. Un motion design dont les éléments graphiques sont bien répartis laisse une zone libre en bas de l’écran.
- Garder les textes de l’image à part. Titres animés, chiffres et intitulés intégrés au visuel ne sont pas des sous-titres : ils se localisent aussi, avec des calques de texte séparés dans le projet d’animation, ce qui évite de refaire l’illustration.
Sommaire vidéo, chapitrage et sous-titres : trois outils différents
Les trois sont souvent confondus parce qu’ils ajoutent du texte à une vidéo. Leurs rôles diffèrent :
- Les sous-titres restituent ce qui est dit (et parfois ce qui s’entend) en synchronisation avec l’image.
- Le chapitrage découpe la vidéo en sections que le spectateur peut atteindre directement. Sur YouTube, selon l’aide officielle, le créateur ajoute dans la description une liste de codes temporels et de titres, le premier code étant 00:00, avec au moins trois codes et une durée minimale de 10 secondes par chapitre.
- Le sommaire vidéo désigne, en pratique, une table des matières de la vidéo : une liste des parties, placée sous le lecteur ou dans la page, qui donne un aperçu du contenu et permet d’y naviguer. C’est le plus souvent la version lisible par l’humain du chapitrage.
Pour une vidéo de formation de plusieurs minutes, le chapitrage est un vrai confort : l’apprenant retrouve le module qu’il cherche. Pour une vidéo de 30 secondes sur les réseaux, il n’a aucun intérêt, mais les sous-titres, eux, sont décisifs. Les trois peuvent coexister sans conflit : les chapitres vivent dans la description ou la page, les sous-titres dans le lecteur.
Notre point de vue : décider avant le storyboard
Chez Gorille, nous concevons des vidéos animées 2D et 3D pour la communication externe, la communication interne, la formation et la RSE. Notre conviction : le choix entre sous-titres incrustés et fermés ne doit pas se faire au moment de l’export, mais dès le brief.
Pourquoi ? Parce que le sous-titre influence la composition. Si le texte doit être gravé, nous pensons l’illustration avec une zone de lecture dégagée, nous calons le rythme de la voix-off sur la vitesse de lecture, et nous traitons la typographie comme un élément du design. Si les sous-titres sont fermés, nous livrons le fichier de texte avec la vidéo et nous veillons à ce que les éléments graphiques n’entrent pas en conflit avec l’affichage du lecteur.
Notre règle de décision tient en trois questions :
- Où la vidéo sera-t-elle vue ? Si la réponse inclut un écran sans interaction ou un lecteur inconnu, prévoyez une version incrustée.
- Le texte va-t-il bouger ? Un contenu de formation ou un message produit susceptible d’évoluer plaide pour des sous-titres fermés.
- Combien de langues ? Au-delà de deux, les pistes séparées sont presque toujours plus raisonnables.
Dans bien des projets, la bonne réponse est de livrer deux exports : une version incrustée pour les écrans et les réseaux, et une version sans texte accompagnée de ses fichiers de sous-titres pour le site, l’intranet et la formation. Avec un créatif dédié et des allers-retours illimités, nous pouvons caler ces choix pendant la production plutôt que de les subir à la livraison.
Commander une vidéo avec les bons sous-titres
Si vous préparez une vidéo explicative, de formation ou de communication interne, un brief clair évite les mauvaises surprises. Indiquez les plateformes de diffusion, les langues, la présence d’un public sourd ou malentendant et la durée visée.
Gorille prend en charge la création de vidéos motion design en 2D et 3D : storytelling, script, illustration, sound design, voix-off et animation. Le tarif moyen d’une animation de 30 secondes est d’environ 1 950 € HT, sur devis, selon la complexité et la durée. Nous proposons aussi des vidéos IA sur mesure et un accompagnement RSE pour les messages de communication responsable.
FAQ
Peut-on désactiver des sous-titres incrustés ?
Non. Ils font partie de l’image, donc ils s’affichent toujours. Pour obtenir une version sans texte, il faut repartir du projet source ou du master sans sous-titres, c’est pourquoi nous conseillons de le conserver.
Open captions et closed captions : quelle est la différence ?
Les open captions sont des sous-titres incrustés, visibles en permanence. Les closed captions sont des sous-titres fermés, fournis dans un fichier ou une piste que le spectateur active ou masque. Le choix dépend surtout du lecteur et de la facilité de correction.
Faut-il sous-titrer une vidéo d’entreprise ?
C’est fortement conseillé : le texte aide les personnes sourdes ou malentendantes, ainsi que ceux qui regardent sans le son ou dans une langue qui n’est pas la leur. Les obligations légales visent surtout les services de médias audiovisuels. Pour votre cas précis, demandez à votre service juridique ou à votre référent accessibilité.
Quelle longueur donner aux sous-titres ?
Visez deux lignes au maximum, autour de 40 caractères par ligne, affichées au plus cinq secondes. Une vitesse d’environ 14 à 15 caractères par seconde reste confortable pour la lecture.
Peut-on proposer une vidéo en plusieurs langues sans la refaire ?
Oui, avec des sous-titres fermés : une piste par langue pour une seule vidéo. Il faut que les textes intégrés à l’animation soient prévus pour être localisés et que la zone d’affichage reste dégagée.
Sources
- Sous-titres, Web Accessibility Initiative (W3C)
- Captioning & Description, Toronto Metropolitan University
- Captions, University of Maryland
- Accessibilité des services donnant accès à des services de médias audiovisuels, Arcom
- Les droits des personnes handicapées, Arcom
- Accessibilité des contenus vidéo, Callisto-Formation
- Faire adapter une œuvre audiovisuelle, ATAA
- Sous-titrage : avantages, étapes clés et solutions, Société française de traduction
- Chapitres vidéo, Aide YouTube
- Comment mettre des sous-titres sur LinkedIn